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L’innovation au service d’une logistique plus agile et durable, interview de Jean-Yves Gras, Colissimo

Dans cette interview, Jean-Yves Gras, directeur général de Colissimo, explique comment l’entreprise s’adapte aux nouvelles règlementations environnementales, notamment dans les Zones à Faibles Émissions. Il évoque les solutions déployées, comme les vélos-cargos et le transport par tramway, ainsi que le rôle de l’intelligence artificielle pour optimiser la logistique et accompagner l’essor du e-commerce.

Comment les opérateurs de livraison s’adaptent-ils aux nouvelles règlementations environnementales, notamment l’expansion des Zones à Faibles Émissions dans les métropoles ?

2/3 des Français considèrent que la question environnementale est importante et 1/3 que cela doit être une priorité fondamentale (Source : Étude IFOP pour Colissimo, 2024).

Colissimo est engagée depuis plus de 20 ans dans la réduction des émissions de CO2 avec l’objectif zéro émission nette à l’horizon 2040 et dans l’amélioration de la qualité de l’air. Dans les zones à faibles émissions mobilité (Grand Paris, Lyon, Aix-Marseille, Toulouse, Nice, Montpellier, Strasbourg, Grenoble, Rouen, Reims et Saint-Étienne, Montpellier), Colissimo a déployé de nouveaux schémas logistiques grâce à l’ouverture d’espaces logistiques urbains (ELU).

Les livreurs disposent de véhicules électriques et de vélos-cargos dans des zones à 500 mètres de leur base, parcourant ainsi moins de 10 km par jour. Notre flotte continue de s’agrandir, nous pouvons désormais compter 1 000 vélos-cargos, essentiels pour la livraison du dernier kilomètre bas carbone. A fin 2024, Colissimo livrait déjà plus de 70% des colis en bas carbone dans les 22 métropoles françaises.

Face à ces contraintes, quelles sont les solutions innovantes actuellement déployées pour réduire l’empreinte carbone de la logistique ?

Pour répondre aux enjeux environnementaux, Colissimo poursuit sa démarche de décarbonation du 1er au dernier kilomètre, en renforçant notamment les schémas de logistique urbaine (vélos-cargos, véhicules électriques, transports fluviaux, Espaces de Logistique Urbaine – ELU) et en expérimentant de nouvelles solutions de livraison grâce à l’innovation et à la collaboration d’acteurs locaux.

Par exemple, en septembre dernier, nous avons testé l’acheminement des colis par tramway, en utilisant le réseau existant de l’Eurométropole de Strasbourg, de la CTS (Compagnie des Transports Strasbourgeois) et d’Alstom. Ce projet territorial s’intègre dans nos projets de livraison en mode doux, bas carbone !

En 2026, une barge reliera notre plateforme de Gennevilliers au port de Boulogne-Billancourt via la Seine, sur une distance de 24 kilomètres. Les 3 000 colis quotidiens seront ensuite livrés en vélos-cargos aux habitants de la ville. Ce modèle favorise la logistique urbaine durable et les mobilités douces.

Pour le transport à l’international, qui est par essence plus compliqué à décarboner, nous étudions des initiatives intéressantes et innovantes, à l’image du transport maritime à voile.

Les actions et les expérimentations menées et à venir soutiennent notre démarche durable, contribuant ainsi à la réduction de l’empreinte carbone de notre activité.

L’intelligence artificielle se développe de plus en plus dans la logistique. Quelles sont les tendances et techniques tout au long de la chaîne de valeur du e-commerce pour optimiser la logistique et réduire le risque de fraude ?

Nous évoluons dans un monde d’échanges où la livraison e-commerce représente à la fois un flux physique et un flux informatique. Colissimo, en tant qu’entreprise technologique, se distingue par la mise en œuvre de projets Data et IA, au service de ses clients et de ses collaborateurs.

Colissimo gère des millions, voire des milliards d’événements liés aux données de suivi de nos colis. La qualité des données devient ainsi essentielle, constituant une véritable mine d’or et un atout précieux pour notre écosystème. La Data et l’IA vont de pair : ensemble, elles permettent d’innover, d’améliorer et de proposer de nouveaux services, d’optimiser notre efficacité opérationnelle et de prendre des décisions éclairées.

Par exemple, grâce à nos outils logistiques innovants, nos robots automatisés pilotés par l’IA, nous améliorons l’efficacité des opérations, la qualité de vie au travail de nos collaborateurs, tout en réduisant les erreurs. Afin de garantir une expérience client augmentée, nous nous sommes associés à des partenaires comme Fringuant dont la solution est de proposer un choix de tailles de vêtements en ligne basée sur l’IA. Pour lutter contre la fraude et sécuriser les livraisons, nous développons des algorithmes sophistiqués qui analysent le suivi des colis, les adresses et notre réseau de centres de distribution.

Tous ces travaux fournissent des enseignements précieux pour la prise de décision lors de nos projets de développement. Il est donc essentiel de continuer à développer ces technologies pour rester compétitifs et répondre aux besoins de nos clients.

Face à l’essor du e-commerce, comment le développement des hubs logistiques peut-il soutenir la croissance et le développement des entreprises ?

9 français sur 10 ont fait un achat en ligne en 2023, et cet acte d’achat n’est pas exceptionnel puisque près d’1 e-acheteur sur 5 reçoit en moyenne au moins 1 produit par semaine (source : IPSOS – Panel des usages Colis – Annuel 2023).

Face à cet essor, Colissimo poursuit la transformation de son réseau pour répondre aux attentes des consommateurs. En élargissant notre capacité de traitement des colis, nous garantissons des livraisons rapides et fiables avec l’empreinte carbone la plus faible sur le marché.

Colissimo a inauguré récemment 2 nouveaux sites qui combinent plateforme de tri de colis et agence de livraison : la plateforme Colissimo Aquitaine à Cadaujac (33) à l’automne 2023, et la 7ème plateforme nouvelle génération en Normandie, à Grand-Couronne (76) en novembre dernier. 2 concentrés de technologie au service de la productivité et de la qualité de vie au travail des équipes.

Désormais, Colissimo dispose de 18 plateformes de tri colis réparties sur le territoire français. Grâce à des solutions industrielles innovantes et une organisation optimisée, nous offrons des solutions performantes au meilleur rapport qualité – prix. C’est ainsi que nous soutenons la croissance et le développement des entreprises du e-commerce, quelle que soit leur taille. Le marché doit rester accessible à tous. C’est essentiel pour stimuler le e-commerce en France !

Jean-Yves Gras est membre du Jury du Grand Prix des Favor’i E-commerce 2025. Le Prix du Jury est une distinction qui se divise en 3 catégories : le Prix RSE, le Prix de l’Innovation et le Prix Espoir. Chaque année, cette récompense est décernée par le Grand Jury qui rassemble des professionnels reconnus du secteur, experts et passionnés de e-commerce. Rendez-vous le 6 mars 2025, en direct sur BFM Business, pour la cérémonie de cette 18ème édition.

Les 5 initiatives RSE retenues pour le Grand Prix des Favor’i 2025

Le Prix RSE des Favor’i E-commerce met en avant les entreprises qui s’engagent pour un impact positif, en repensant leurs modèles pour allier performance et responsabilité.

♻️ Donner une seconde vie aux ressources, réduire l’empreinte environnementale, favoriser une consommation plus responsable… Les initiatives sélectionnées couvrent des enjeux clés : recyclage textile, logistique circulaire, mode inclusive, transparence environnementale et lutte contre le gaspillage. Autant d’actions concrètes qui inspirent et montrent la voie vers un e-commerce plus durable et solidaire.

Ne manquez pas la cérémonie de remise des prix le 6 mars 2025, un rendez-vous incontournable pour tous les acteurs du e-commerce ! Suivez cet événement exceptionnel en direct sur BFM Business (à la télévision, sur internet et à la radio). 


RECYLACTYL par Damartex : une seconde vie pour le textile technique


En juillet 2024, le groupe français Damartex a franchi une nouvelle étape dans son engagement éco-responsable avec l’initiative RECYLACTYL. Son objectif est clair : réduire l’impact environnemental de la production de ses sous-vêtements Thermolactyl, qui génère chaque année 55 tonnes de chutes de coupe, soit l’équivalent de 200 000 t-shirts. Jusqu’à présent, ces chutes étaient perdues, mais Damartex a décidé de les transformer en ressources grâce à un processus de recyclage textile.

Le projet a débuté par une phase de Proof of Concept visant à démontrer la faisabilité technique du recyclage des sous-vêtements Thermolactyl. L’un des principaux défis était de prouver qu’un matériau déjà composé à 50% de fibres recyclées pouvait être recyclé une seconde fois, sans altérer sa qualité. Le recyclage mécanique, souvent agressif, pouvait en effet raccourcir les fibres et compromettre la résistance et la performance du tissu. Il était également essentiel de garantir que le textile conserve ses propriétés thermorégulatrices, qui font la spécificité du Thermolactyl. Les résultats de cette phase expérimentale ont validé la faisabilité technique du projet. Fort de ce succès, Damartex prévoit désormais d’étendre cette approche à une gamme complète de produits, incluant chaussettes, doudounes et autres vêtements thermiques.

Soutenu par le Centre Européen des Textiles Innovants (CETI), le projet RECYLACTYL ouvre d’ores et déjà des perspectives de déploiement en France, au Royaume-Uni et en Belgique. La commercialisation auprès du grand public est annoncée pour l’hiver 2026.


Score Environnemental : Manutan met l’environnement au cœur des décisions d’achat


Manutan, acteur majeur européen de la distribution BtoB d’équipements et de fournitures, a lancé en juillet 2024 son propre score environnemental. L’objectif de cette initiative est double : intégrer l’impact environnemental comme un critère d’achat à part entière et accompagner les fournisseurs vers une amélioration continue de leur performance écologique.

Basé sur la méthodologie Product Environnemental Footprint développée par la Commission Européenne, ce score prend en compte l’ensemble du cycle de vie des produits, et inclut des critères tels que l’épuisement des ressources, l’usage des terres, la pollution de l’air et des océans et l’écotoxicité. Manutan a développé cette approche en collaboration avec Glimpact, une start-up spécialisée dans la quantification des impacts environnementaux. Affiché sous forme d’une notation allant de A à E directement sur les pages produits du site internet, ce score offre aux clients plus de transparence et les aide à faire des choix d’achat plus responsables.

À ce jour, 26 000 produits disposent d’un score environnemental sur les plateformes de Manutan, couvrant neuf catégories de produits. Les premières analyses révèlent que les produits classés A et B enregistrent de meilleures performances commerciales que ceux notés C, D ou E, confirmant une tendance similaire observée sur le marché avec des initiatives comme le Nutri-Score. Aujourd’hui déployé dans 17 filiales européennes, ce score environnemental sera progressivement étendu à l’ensemble des divisions du groupe, avec pour objectif d’ici 2026 de couvrir plus de 800 000 références. Cette expansion s’accompagnera d’une amélioration continue du modèle de notation pour y intégrer les dernières évolutions réglementaires et méthodologiques.

Avec cette initiative, Manutan confirme son rôle de pionnier dans la promotion d’achats responsables en BtoB.


Picnic, l’innovation logistique éco-responsable


Picnic, le supermarché 100% digital, développe son modèle de logistique circulaire. En remplissant ses véhicules électriques à l’aller et au retour, l’entreprise optimise chaque trajet pour collecter et recycler des objets directement auprès de ses clients.

Depuis son lancement en France en 2021, Picnic a déjà collecté plus de 90% des sacs plastiques distribués à ses clients, leur offrant ainsi une seconde vie via le recyclage. En juillet 2024, l’entreprise a franchi un cap supplémentaire en lançant la récupération des recharges SodaStream. Aux Pays-Bas et en Allemagne, où ce modèle est plus avancé, Picnic collecte chaque année plus de 10 millions de contenants recyclables et 1 000 colis par jour grâce à ses livreurs.

Avec plus de 2 000 véhicules électriques en circulation et des tournées optimisées pour livrer en moyenne 150 foyers par camionnette, Picnic réduit de 30% les kilomètres parcourus par rapport à un modèle de distribution classique. L’enseigne a également étendu son partenariat avec DHL et prévoit d’intégrer PostNL en 2025, afin d’élargir son modèle de reverse logistique à la récupération des bouteilles en verre et des colis retour.


Veepee revalorise l’imparfait et donne une seconde vie aux retours


En juin 2024, Veepee lance l’initiative “Les Presque Parfaits”, un programme dédié à la revalorisation des produits retournés par ses membres. Ces articles, neufs mais présentant de légers défauts ou un emballage endommagé, trouvent ainsi une seconde vie à travers des ventes événementielles exclusives. Ce projet s’inscrit pleinement dans l’ADN de l’entreprise et poursuit plusieurs objectifs stratégiques : optimiser la gestion des stocks, prolonger la durée de vie des produits invendus et offrir aux consommateurs des opportunités d’achat attractives tout en encourageant un mode de consommation plus durable.

L’initiative « Les Presque Parfaits » est née d’un constat simple : de nombreux produits retournés par les membres restent parfaitement utilisables mais ne peuvent être revendus dans le circuit classique en raison de défauts esthétiques mineurs ou d’un emballage abîmé. Veepee a donc imaginé un processus rigoureux de revalorisation. L’équipe « Qualité Stock » sélectionne des articles, identifie les défauts, réalise des shootings photos et publie des descriptions détaillées. Grâce à un outil interne dédié, chaque produit bénéficie d’un référencement individualisé permettant une gestion optimisée des stocks et une production digitale « 1-pour-1 », où chaque référence est unique.

Les premières ventes test, organisées à l’été 2024 avec des produits issus des univers Mode et Maison, ont rencontré un vif succès. Fort de ces résultats, Veepee a programmé huit ventes entre septembre et décembre 2024. Les ambitions pour 2025 sont claires : étendre ces ventes à de nouvelles catégories de produits et renforcer l’engagement de l’entreprise dans la réduction du gaspillage, en conformité avec la loi AGEC et les régulations européennes interdisant la destruction des invendus.


Mode adaptée : les collections Zalando pour les personnes en situation de handicap


Zalando, géant européen de la mode en ligne, renforce son engagement pour l’inclusivité avec ses collections adaptées aux personnes en situation de handicap. Depuis 2020, l’entreprise développe des vêtements alliant confort, design et accessibilité. Après une première collection en 2022, l’enseigne a conçu plus de 500 styles adaptés.

Parmi les collections phares des produits “Adaptative” de Zalando, on retrouve la gamme “Adaptive Sports”, qui soutient les sportifs en situation de handicap, ou encore la gamme “Adaptive Kids” dédiée aux enfants. Ces collections intègrent des fonctionnalités comme des fermetures ajustables, des tissus respirants, des matériaux confortables et adaptés à une mobilité réduite. Un partenariat avec Ottobock permet d’intégrer des dispositifs médicaux dans les vêtements. Pour développer ces gammes, Zalando a mis en place des ateliers et groupes de discussion avec des personnes en situation de handicap et a fait appel à six de ses marques propres, utilisées comme des incubateurs pour tester ces nouvelles idées. Zalando collabore également avec des marques comme Tommy Hilfiger et Nike, qui proposent sur sa plateforme leurs propres collections adaptées.

En 2023, l’entreprise a aussi lancé la Design Academy à Berlin, un programme destiné à former les jeunes créateurs aux enjeux de la mode inclusive. Ce programme, bien ancré dans l’écosystème berlinois, offre une visibilité lors d’événements majeurs comme la Berlin Fashion Week et participe à l’évolution des standards de design dans l’industrie.

Depuis son lancement, les collections adaptées sont disponibles sur les 25 marchés européens de Zalando, et accessibles aux 50 millions de clients actifs de la marque. De nouvelles collections sont prévues pour 2025.

« La souveraineté des moyens de paiement est une question stratégique », interview de Philippe Laulanie, CB

Dans cette interview, Philippe Laulanie, directeur général et administrateur de CB, revient sur l’évolution des moyens de paiement, de la carte bancaire aux solutions comme le Click to Pay. Il aborde aussi les enjeux de souveraineté, la gestion des coûts pour les commerçants et les défis de la sécurité dans un environnement numérique en constante mutation.

Face à la multiplication des moyens de paiement (mobile, instantané, fractionné), comment voyez-vous évoluer la place de la carte bancaire ? Ces nouveaux usages sont-ils complémentaires ou concurrents ?

Mon premier credo, c’est la complémentarité. La plupart des moyens de paiement évoqués dans votre question reposent sur la carte bancaire. Ils enrichissent l’expérience des consommateurs en offrant des services complémentaires, sans pour autant remplacer la carte.

Je suis convaincu à ce titre que la carte continuera d’occuper une place centrale et restera le moyen de paiement préféré des Français, au moins jusqu’en 2030. Elle combine simplicité, fiabilité et universalité, des qualités essentielles qui lui permettent de s’adapter aux évolutions des usages.

Un exemple concret est le paiement mobile : après le Crédit Agricole, la Société Générale et La Banque Postale, toutes les grandes banques françaises auront intégré CB à leur offre Apple Pay d’ici la fin de l’année.

Selon vous, va-t-on vers une société véritablement « cashless » en France ? Dans quel horizon temporel ?

Je ne crois pas à une société entièrement “cashless” en France, même à moyen terme. Bien que l’usage des espèces diminue régulièrement, elles restent indispensables pour une partie de la population et pour certains usages.

L’avenir des paiements repose sur le choix. Les consommateurs doivent pouvoir payer en espèces, par carte, ou via tout autre moyen de paiement. C’est cette diversité, le “multi-paiement”, qui garantit une expérience inclusive et adaptée à tous les besoins et à tous les consommateurs.

Le déploiement de Click to Pay avance dans l’e-commerce français. Où en est le déploiement aujourd’hui ? Quels sont les premiers retours des consommateurs et des commerçants ?

Click to Pay est en phase de développement pour le marché français. Bien que les premières annonces marketing aient été faites, les banques françaises ne proposent pas encore ce service à leurs porteurs. Cependant, CB est pleinement engagé, en collaboration avec STET, dans la mise en place d’une solution robuste et adaptée aux besoins spécifiques des consommateurs et des commerçants français. L’objectif est de proposer une expérience de paiement en ligne fluide, simple et sécurisée.

Comme pour toute innovation dans le domaine des paiements, son succès dépendra largement de son adoption par les e-commerçants et les utilisateurs finaux. Il est important de rappeler que les innovations majeures prennent souvent du temps pour s’ancrer durablement dans les habitudes. Par exemple, le sans contact, lancé en 2012, et Apple Pay, introduit en 2016, ont mis plusieurs années avant de devenir des usages courants. Le temps jouera également un rôle clé pour Click to Pay.

L’inflation relance les débats sur les coûts des transactions, particulièrement pour les TPE/PME.  Comment analysez-vous l’évolution de ces coûts pour les commerçants ? Comment optimiser ces coûts tout en maintenant la qualité du service ?

L’inflation met effectivement les coûts des transactions sous les projecteurs, en particulier pour les TPE et PME, qui sont souvent les plus sensibles à ces enjeux. Chez CB, nous avons développé des algorithmes avancés et cultivé une proximité forte avec l’ensemble de l’écosystème – banques, commerçants, industriels – pour optimiser en continu les coûts tout en garantissant un service fiable et de haute qualité.

Mais ce sont surtout les commerçants qui témoignent le mieux de cette efficacité et déclarent qu’avec CB, les transactions sont en moyenne jusqu’à 10 fois moins coûteuses que celles des principaux concurrents. En prime, notre réseau affiche un niveau de sécurité exceptionnel, avec des taux de fraude parmi les plus bas du marché. Cette combinaison d’optimisation économique et de fiabilité fait toute la différence, en particulier dans un contexte économique tendu.

Dans un contexte géopolitique tendu, comment évaluez-vous l’importance de la souveraineté des moyens de paiement ? Quels sont les risques d’une trop grande dépendance aux systèmes internationaux ?

Dans un contexte géopolitique instable, la souveraineté des moyens de paiement est une question stratégique pour l’autonomie économique et la résilience des pays. Un système de paiement souverain comme CB offre une indépendance cruciale face aux aléas internationaux, qu’ils soient liés à des tensions politiques, des sanctions économiques ou de cyber-attaques.

Avec CB et STET, la France dispose d’une plateforme de paiement domestique résiliente qui respecte les spécificités françaises et européennes, protège les données sensibles et garantit un haut niveau de sécurité, contribuant ainsi à la confiance des commerçants, des consommateurs, et à la souveraineté économique de la France.

Comment l’authentification forte a-t-elle impacté les taux de fraude en ligne ? Face à l’émergence de nouvelles menaces, comment évoluent les systèmes de détection ?

Depuis l’entrée en vigueur de l’authentification forte, le taux de fraude dans le e-commerce a été divisé par deux, démontrant son efficacité pour sécuriser les transactions en ligne. Les internautes bénéficient ainsi d’un niveau de protection renforcé, favorisant la confiance dans les paiements numériques.

Cependant, les fraudeurs n’ont pas disparu ; ils ont juste évolué. Avec l’émergence de nouvelles menaces, il est impératif de rester vigilant. Pour répondre, CB et STET investissent massivement dans des solutions basées sur l’intelligence artificielle. Les technologies mobilisées permettent de détecter les comportements suspects en temps réel et d’anticiper les nouvelles tendances frauduleuses, garantissant une sécurité optimale sans compromettre l’expérience utilisateur.

Philippe Laulanie est membre du Jury du Grand Prix des Favor’i E-commerce 2025. Le Prix du Jury est une distinction qui se divise en 3 catégories : le Prix RSE, le Prix de l’Innovation et le Prix Espoir. Chaque année, cette récompense est décernée par le Grand Jury qui rassemble des professionnels reconnus du secteur, experts et passionnés de e-commerce. Rendez-vous le 6 mars 2025, en direct sur BFM Business, pour la cérémonie de cette 18ème édition.

Les 5 innovations e-commerce retenues pour le Grand Prix des Favor’i 2025

Transformer les idées en solutions inédites, répondre aux défis d’aujourd’hui tout en anticipant les besoins de demain : voici ce qui caractérise les 5 finalistes du Prix de l’Innovation des Favor’i du e-commerce.

💡 Ce Prix met en lumière l’engagement des entreprises à penser différemment et à explorer de nouvelles approches. 

Cette année encore, les 5 finalistes incarnent l’énergie et la créativité qui dynamisent le commerce en ligne, illustrant la capacité du secteur à se réinventer. 

Ne manquez pas la cérémonie de remise des prix le 6 mars 2025, un rendez-vous incontournable pour tous les acteurs du e-commerce ! Suivez cet événement exceptionnel en direct sur BFM Business (à la télévision, sur internet et à la radio). 


Alrj : protéger les enfants allergiques, simplifier le quotidien


Alrj est la première plateforme e-commerce dédiée à la sécurisation du quotidien des enfants souffrant d’allergies alimentaires en collectivité. Face aux 1,2 million d’enfants allergiques en France, l’entreprise a développé un écosystème complet de solutions pratiques qui répondent aux trois défis majeurs de cette pathologie : prévenir les incidents avec des vêtements personnalisables signalant les allergènes à éviter, sécuriser les repas grâce à des contenants isothermes sur mesure, et enfin, optimiser la gestion des urgences via une trousse à médicaments innovante.

Cette dernière innovation, développée en collaboration avec des professionnels de santé et de la petite enfance, facilite la formation des personnels et la gestion des urgences grâce à une trousse facile d’utilisation et identique dans l’ensemble des lieux d’accueil d’enfants. Ces trousses permettent de réduire le temps d’intervention en cas de choc anaphylactique de 25 à 5 minutes – un gain considérable puisqu’une intervention doit avoir lieu dans les 15 minutes pour sauver une vie.

Engagée socialement, Alrj fait produire ses trousses en milieu carcéral local. Depuis son lancement, les solutions d’Alrj ont déjà équipé 4 000 enfants en France et sont plébiscitées par 96% des structures utilisatrices. Cette réussite suscite l’intérêt des collectivités françaises mais aussi de ministères de la Santé à l’étranger. L’entreprise prépare désormais son expansion en Europe et au Canada, avec l’ambition de standardiser et sécuriser la prise en charge des enfants allergiques dans tous les établissements d’accueil.


La réalité virtuelle s’invite chez Decathlon pour des achats sportifs immersifs


En février 2024, Decathlon a entamé une collaboration avec Apple pour exploiter les capacités immersives du Apple Vision Pro et offrir une expérience d’achat unique, à la croisée du sport et de la technologie, en combinant réalité virtuelle et interactivité.

Le géant de l’industrie du sport propose plusieurs applications révolutionnaires, telles que Decathlon Shopping, qui permet aux utilisateurs de visualiser des produits en taille réelle et en contexte dans leur propre environnement, et Quechua Virtual Showroom, une expérience en boutique où les clients peuvent explorer des équipements comme des tentes ou des vélos en 3D.

Grâce à ces nouveaux outils, les clients peuvent interagir directement avec les produits, tester leur apparence et leurs fonctionnalités en réalité virtuelle, mais aussi comprendre en détail les technologies qui les composent. Que l’on soit sportif amateur ou confirmé, ces expériences rendent les achats plus intuitifs et engageants, tout en facilitant les prises de décision, en ligne ou en magasin. Cette utilisation de l’Apple Vision Pro offre aux utilisateurs une nouvelle manière de découvrir et de choisir leurs articles sportifs.

Déployées dans des magasins phares, ces innovations constituent les prémices d’une stratégie mondiale. Decathlon ambitionne d’étendre ces expériences immersives dans tous ses magasins et directement au domicile de ses clients.


L’IA générative au service des utilisateurs leboncoin


En novembre 2024, leboncoin introduit deux innovations majeures s’appuyant sur l’intelligence artificielle, pour rendre l’achat et la vente de produits en ligne plus simple, rapide et efficace.

Désormais, les utilisateurs peuvent créer une annonce en quelques secondes en téléchargeant simplement une photo et en saisissant un titre. L’IA générative exploitée par leboncoin s’occupe du reste : elle préremplit les critères et propose un prix de vente basé sur des références (comme l’Argus pour la catégorie auto). Pour certaines catégories de produits, elle génère même automatiquement une description. Grâce à cette automatisation, plus de 95% des annonces commencées par les utilisateurs sont effectivement publiées en ligne. La solution a été développée en interne, s’appuyant sur les services AWS. Pour la génération de descriptions, leboncoin utilise spécifiquement le modèle Claude 3 Haiku.

En parallèle, leboncoin a lancé une fonctionnalité de reconnaissance visuelle permettant aux utilisateurs de rechercher des produits en téléchargeant une photo. Cette option, disponible pour toutes les catégories de biens de consommation (mode, maison & jardin, loisirs, etc.) et pour les véhicules, permet de trouver instantanément des annonces similaires parmi les millions disponibles sur la plateforme.

Ces innovations renforcent la position de leboncoin en tant qu’acteur incontournable du commerce entre particuliers en France. Pour l’entreprise, ces fonctionnalités s’inscrivent dans une volonté permanente de faire de la seconde main le premier réflexe, en la rendant aussi simple d’accès et d’usage que le neuf.


L’IA de Teract pour identifier et entretenir les végétaux en un simple scan


En novembre 2024, le groupe TERACT, notamment à la tête des enseignes Jardiland, Gamm Vert et Delbard, crée Végéscan, un nouvel outil de reconnaissance des végétaux basé sur l’intelligence artificielle. TERACT combine son expertise historique aux nouvelles technologies pour répondre aux enjeux du secteur, notamment la diminution du nombre d’experts du végétal et la transformation digitale de ses activités.

Le concept est simple : à partir d’une simple photo, Végéscan permet d’identifier un végétal et de fournir des informations détaillées, telles que le nom scientifique, les exigences de croissance, les conseils d’entretien, et bien plus encore. Ce système est basé sur trois briques d’IA, dont Open AI et une base scientifique de l’INRIA. Cette innovation propose des recommandations de produits personnalisées en fonction des besoins de chacun, améliorant ainsi l’expérience client en magasin et à domicile.

Depuis son lancement fin 2024, Végéscan a déjà enregistré plus de 3 000 scans dans les 1 200 magasins du groupe, avec une fiabilité supérieure à 99%. Grâce à ses recommandations de produits complémentaires, cet outil permet d’augmenter significativement le panier moyen, tout en enrichissant l’expérience client en magasin et en ligne. Il a d’ailleurs été récompensé à l’occasion de la Nuit du Commerce Connecté et des Grands Prix Focus Retail.

TERACT prévoit d’étendre les fonctionnalités de cet outil avec des briques supplémentaires comme la reconnaissance des maladies des plantes, ou la projection de l’apparence du végétal à maturité. En intégrant ces nouvelles options, l’objectif est de renforcer sa stratégie omnicanale et d’accompagner encore mieux les jardiniers amateurs et passionnés dans leurs projets.


La cabine d’essayage virtuelle intelligente de Zalando



Zalando a lancé une cabine d’essayage virtuelle basée sur une technologie avancée de mesure corporelle pour aider ses clients à choisir la bonne taille dès leur première commande. Grâce à cette fonctionnalité, les utilisateurs peuvent à présent créer un avatar 3D fidèle à leur morphologie, pour visualiser les vêtements sur leur propre corps, explorer les coupes en 360° et ajuster les détails selon leurs préférences.

Depuis le lancement du premier pilote en 2022, déjà plus de 80 000 utilisateurs ont adopté la cabine d’essayage virtuelle. Cette pratique de “Size & Fit” a permis une diminution de 40% des retours liés à la taille, améliorant ainsi la satisfaction du client. Elle contribue ainsi au renforcement de la durabilité du secteur puisqu’elle permet de réduire les coûts logistiques et l’impact environnemental des retours.

Actuellement disponible dans 14 pays européens, dont la France, la cabine d’essayage virtuelle propose une sélection de vêtements Levi’s pour hommes et femmes. Zalando continue de perfectionner cet outil avec une équipe dédiée de 80 spécialistes en taille et coupe, faisant de la cabine d’essayage virtuelle une première avancée vers une expérience d’achat toujours plus personnalisée et immersive.