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Les Favor'i 2020

13ème cérémonie des Favor'i

Cdiscount réduit l’impact environnemental de sa supply chain

Cdiscount.com (filiale du groupe Casino), est une plateforme e-commerce française non alimentaire qui réalise un volume d’affaires de plus de 3,6 milliards d’euros en 2018. Le site a pour vocation de favoriser l’accès aux biens et aux services au plus grand nombre, tout en construisant une économie du numérique européenne, solidaire et responsable.

Présentation de l’initiative

De plus en plus de Français affirment être sensibles à l’impact écologique de leurs livraisons e-commerce, et ce, quel que soit leur âge. Une réalité dont Cdiscount a bien pris la mesure, et qui fait écho aux nombreuses initiatives déployées par l’e-commerçant afin de réduire l’impact environnemental de sa supply chain avale – depuis les entrepôts jusqu’aux internautes. Si sa démarche est née il y a 10 ans, elle a connu une très forte accélération ces 5 dernières années.

Le principal objectif du dispositif déployé, est d’adresser l’ensemble de la supply chain en s’attaquant à plusieurs chantiers :

  • Le choix des matériaux utilisés pour les colis
  • La réduction du nombre de camions sur les routes en faisant la chasse au vide à la fois dans les colis et les camions
  • Le recours à des modes de transport alternatifs
  • La gestion responsable des produits invendus et des produits usagés repris chez les clients. 

Pour atteindre cet objectif, Cdiscount a choisi de s’appuyer sur un écosystème de partenaires.  Deux d’entre eux sont plus particulièrement notables : Neopost et Envie.

Neopost conçoit notamment une  machine d’emballage automatisée, capable de réduire drastiquement le vide dans les colis. Baptisée « CVP-500 » (photo ci-contre), elle assure en effet l’optimisation sur mesure et en 3 dimensions des colis de produits mesurant entre 10 et 40 cm. Quatre machines CVP-500 ont déjà été installées dans 4 entrepôts de l’e-marchand. Trois à Cestas et une à Réau, en région parisienne.

Ces machines sont venues s’ajouter aux 3 machines 2D qui permettaient d’ajuster les colis en hauteur depuis 2010.

De plus, au mois d’octobre dernier, Cdiscount a finalisé en compagnie des ingénieurs de l’entreprise Neopost, les derniers réglages d’une nouvelle machine d’emballage : la « CVP-1000 ». Elle est capable de gérer des produits encore plus petits, de 5 à 40 cm, et vise un volume de traitement de 800 colis à l’heure (contre 400/heure pour la « CVP 500 »). L’investissement total sur les machines 2D et 3D est de l’ordre de 10 millions d’euros. 

Par ailleurs, Cdiscount cultive depuis 10 ans un partenariat avec l’association engagée en faveur de l’économie circulaire, ENVIE. Cdiscount a choisi ENVIE car en tant qu’Entreprise de l’Economie Sociale et Solidaire, ENVIE a recours à des personnes éloignées de l’emploi pour mener sa mission et les forme aux métiers du S.A.V. 

Plutôt que de détruire les produits retournés par les clients ainsi que les invendus, l’entreprise a décidé de les confier à ‘l’association, qui les répare et les remet en vente à travers son réseau, ou alors, les recycle entièrement lorsqu’ils sont trop endommagés.

Bilan de l’implémentation

La démarche de Cdiscount s’inscrit de bout en bout de la supply chain avale, avec des résultats sur chaque étape :

  1. Les emballages d’expédition :
  2. 90% des cartons utilisés sont désormais issus de matières premières recyclées bénéficiant de la certification FSC. Le but de ce label est d’assurer que la production de bois ou d’un produit à base de bois respecte les procédures garantissant la gestion durable des forêts.
  3. Les encres à base d’hydrocarbures ont été éliminées au bénéfice d’encres végétales pour imprimer la charte graphique et les adresses des clients, sur plus de 20 millions de colis envoyés en 2018.
  4. Depuis début 2017 tous les calages en plastiques ont été remplacés par du papier kraft.
  • La chasse au vide :
  • Les emballages en 3 dimensions ont permis d’utiliser 30% de consommables en moins (carton et ruban adhésif) et, grâce à la réduction du vide, de diminuer de 30% le nombre de camions circulant sur les routes. Cdiscount est le seul e-commerçant en Europe à avoir investi dans 5 machines permettant d’emballer ses produits en 3 dimensions.
  • D’ici à la fin de l’année 2019, 85% des colis seront emballés de façon optimisée.
  • Depuis 2017 le chargement en vrac de certains camions, au moyen d’un convoyeur, permet de réduire de 25% le vide dans les camions.
  • Le développement de modes de transport alternatifs
  • Cdiscount est le 1er e-marchand à utiliser le TGV pour ses livraisons le jour même vers 5 villes de France : Paris, Strasbourg, Lille Lyon et Marseille.
  • 100% des livraisons de produits de plus de 30kg à Bordeaux et Paris sont réalisées au moyen de véhicules électriques en propre. Dans ces villes les petits produits sont livrés en véhicules électriques par nos partenaires (Chronopost à Paris, Colissimo à Bordeaux) ou en vélo (Stuart à Paris).
  • Cdiscount a recours au ferroutage pour certains transferts de son entrepôt de Cestas à celui de Réau (3 conteneurs par semaine).
  • Les retours et invendus
  • Partenariat avec ENVIE sur la reprise des produits électroniques et électroménagers, étendu depuis 2017 à tous les produits.
  • Aucune destruction d’invendus .
  • Une revalorisation des produits usagés.
  • 530 tonnes de produits confiés par Cdiscount à ENVIE.
  • 7 emplois en insertion, pérennes et non délocalisables, du côté d’ENVIE. ENVIE indique qu’elle a un taux de retour à l’emploi des personnes en insertion de 80%.

Perspectives de développement

L’action de Cdiscount s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue. Les solutions ainsi que les résultats obtenus ont vocation à être poursuivis et même renforcés dans les mois et années à venir. De plus, la plupart des solutions déployées bénéficient à l’activité à l’international de l’entreprise.

Cdiscount souhaite à présent réduire l’impact de la chaine logistique amont (des fournisseurs vers les entrepôts), en engageant un dialogue avec les fournisseurs pour améliorer les pratiques.

Too Good To Go : l’application anti-gaspillage

Too Good To Go est née en 2016, la même année que la loi Garot, qui renforce l’engagement des pouvoirs publics à réduire de moitié les pertes et gaspillages alimentaires d’ici 2025. La start-up se présente donc comme une communauté qui lutte contre le gaspillage alimentaire. Son service repose sur une application mobile de mise en relation des utilisateurs avec des commerçants. Elle prévoit d’atteindre bientôt le cap des 20 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Présentation de l’initiative

Fondée par la Française Lucie Basch, Too Good To Go a vu le jour sur la base d’un constat simple : 1/3 de la nourriture produite dans le monde est gaspillée. En France, selon l’Ademe, 10 millions de tonnes de nourritures finissent chaque année dans la poubelle, soit l’équivalent de 150 kg par an et par habitant. La mission que s’est fixée Too Good To Go est de permettre à chacun, à son échelle, de lutter contre le gaspillage alimentaire. 

Concrètement, Too Good To Go s’appuie sur une application mobile éponyme. Elle permet à ses utilisateurs d’identifier près chez eux des commerçants qui proposent, à petit prix, un « panier surprise » composé des invendus du jour. Une fois l’application lancée, apparaissent alors les commerces qui proposent des paniers à récupérer le jour-même, en fin de journée (généralement entre 16h jusqu’à 20h). Le client ne sait pas à l’avance de quels produits son panier sera composé, et le découvre au moment où il le retire chez le commerçant.

Le prix moyen de ce panier peut osciller en moyenne entre 2 euros et 5 euros. La règle pour le commerçant  étant de vendre les produits au maximum au tiers du prix de vente habituel. De son côté, Too Good To Go se rémunère grâce à une commission de 1,09 euro sur chaque panier vendu.

La solution se veut gagnant-gagnant : les commerçants peuvent ainsi revaloriser des produits qui auraient été jetés quant aux utilisateurs, ils ont la possibilité de récupérer un lot de produits alimentaires à un prix défiant toute concurrence.

Too Good To Go compte parmi ses commerçants partenaires des boulangeries (dont les viennoiseries se périment très vite), des pâtisseries, des hôtels (souvent amenés à jeter des invendus issus des petits-déjeuners), des restaurants et évidemment, des supermarchés. L’entreprise travaille avec 95% des grands noms de la distribution, notamment Carrefour, Monoprix, Biocoop, Cora, Auchan, Naturalia ou encore Leader Price.

Bilan de l’implémentation

L’application Too Good To Go comptabilise 5 millions de téléchargements. Et l’entreprise revendique plus de 30% d’utilisateurs actifs. Ils achètent au moins une fois par mois un panier auprès d’un commerçant partenaire, au prix de trois ou quatre euros.

Too Good To Go en quelques chiffres c’est :

  • 10 millions de repas sauvés depuis 2016 dont 7 millions de repas en France
  • 11 000 commerçants partenaires en France
  • 1 “Guide Anti-Gaspi” qui donne toutes les clés au consommateur pour lutter contre le gaspillage alimentaire à la maison et 1 livre blanc consacré aux dates de péremption.
  • 60 000 signataires de la pétition #ChangeTaDate pour mieux informer les Français sur les dates de péremption.
  • 70 salariés en France

Perspectives de développement

Too Good To Go est aujourd’hui présent dans 14 pays, et emploie plus de 400 personnes. A ce jour, l’application compte 16 millions d’utilisateurs, 30 000 commerçants partenaires et revendique avoir sauvé plus de 22 millions de repas. La société continue de développer plus de partenariats avec les commerçants et poursuivre la sensibilisation du grand public.

Maboutiqueloop.fr veut démocratiser les produits consignés

Maboutiqueloop.fr est un site e-commerce commercialisant des produits du quotidien dans des contenants consignés et réutilisables. Loop (qui signifie « boucle » en Français) nourrit l’ambition de réduire la production de déchets.

Présentation de l’initiative

Loop est une initiative lancée par TerraCycle, une entreprise spécialisée dans le recyclage de déchets, fondée par le Hongro-Canadien Tom Szaky. Initiateur du projet Loop, il s’est inspiré du modèle américain du « milkman », le livreur de lait qui passait chaque matin déposer le lait à domicile et récupérait la bouteille vide de la veille.

Le concept de Loop repose sur un constat simple : la consommation de produits du quotidien génère un volume trop important de déchets, et l’entreprise veut y remédier grâce à l’économie circulaire.

Pour le lancement du service en France en mai 2019, Loop s’est associé à Carrefour, qui héberge le site Maboutiqueloop.fr sur son portail internet. L’entreprise s’appuie par ailleurs sur le service de l’enseigne.

Maboutiqueloop.fr se présente comme une plateforme d’e-commerce circulaire qui commercialise une centaine de références de produits alimentaires (tels que des pâtes, du riz, des biscuits, des huiles, ou encore des boissons), mais aussi des produits de beauté et d’hygiène (shampoings, crème hydratante, couches pour bébés), et des produits d’entretien comme de la lessive. 

L’offre s’appuie sur la participation d’une quinzaine de multinationales, dont Mondelez, Mars Petcare, Uni­lever, Nestlé, PepsiCo, Coca-Cola, Bodyshop ou Biersdorf, et des marques indépendantes (CoZie, La petite fabrique provençale, Les Petits Bidons…). La particularité de Loop est de commercialiser des produits dans des emballages spécifiquement développés par les industriels pour ce projet. En effet, les contenants sont durables, consignés et réutilisables. Conséquence logique, pour chaque produit, le client doit s’affranchir du prix de la consigne en plus du prix de vente. Il s’échelonne de 0,25€ à 3€ en moyenne selon le contenant, mais peut atteindre jusqu’à 19 euros, pour la boîte de couches pensée ‘sans odeurs’ et conçue pour rester plusieurs semaines dans une salle de bain.

Exemples de produits :

S’agissant du processus d’achat, concrètement, lorsqu’un client passe commande sur le site Maboutiqueloop.fr, il reçoit à son domicile ses produits rangés dans un sac durable Loop (lui-même consigné). Une fois les produits consommés, le client remet les emballages vides dans le sac Loop, sans même avoir besoin de les nettoyer. Pour obtenir le remboursement des consignes il lui suffit de programmer une collecte du sac, et Loop se charge de venir chercher les emballages à son domicile. Le client peut aussi choisir de remettre le sac au livreur lors de la commande suivante. Il peut choisir l’option « rechargement automatique », qui l’engage à acheter de nouveau la même référence mais lui évite l’étape fastidieuse paiement-remboursement de la consigne sur chaque achat.

Le sac à la loupe :

Une fois les contenants récupérés par Loop, ils sont nettoyés, stérilisés, renvoyés aux partenaires (les industriels) qui les remplissent de nouveau, pour être in finé, réinjectés dans la « boucle ».

Bilan de l’implémentation

D’abord déployé à Paris et en région parisienne, Loop a ensuite étendu sa zone de livraison aux Yvelines, puis à Lille et sa région. 

La plateforme revendique plusieurs milliers de clients déjà inscrits, à la fois pour accéder au service mais aussi pour effectuer leurs courses.

Afin de connaître précisément les avantages du système de consignes mis en place, Loop a réalisé en interne des analyses de cycle de vie, dont la pertinence et l’exactitude sont certifiés par la LCA Consulting company, un organisme américain indépendant. Ces études révèlent que le modèle développé par Loop est plus vertueux qu’un site d’e-commerce traditionnel, à partir de 3 cycles d’utilisation (et donc d’achat). Plus vertueux en termes d’impact environnemental et d’émissions de CO2 relatives à la fois à la fabrication de l’emballage, aux extractions de matières premières, du transport, etc.

Perspectives de développement

L’entreprise prévoit de référencer davantage de produits à sa plateforme e-commerce en France. Autre projet en cours : étendre les livraisons à plus de zones sur le territoire hexagonal. Par ailleurs, Loop a déjà été lancé sur la côte Est des Etats-Unis dont la ville de New-York et dès 2020, son service sera déployé sur la côte Ouest des Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon, au Canada et en Australie.

Loop ambitionne de convaincre davantage de retailers à l’intégrer à leur système de distribution. De cette manière, il sera possible d’acheter des produits Loop en même temps que des produits « conventionnels » sur le site des distributeurs partenaires (Carrefour en France). A terme, des corners Loop pourront également être intégrés en magasin.

L’indice de réparabilité des produits de FNAC DARTY

Fnac Darty est un groupe spécialisé dans la distribution de produits et services électro-domestiques, technologiques, culturels et de loisirs. Parallèlement à son activité de distributeur il revendique un rôle de conseil et d’acteur culturel. Son chiffre d’affaires en 2018 atteint 7,4 milliards d’euros.

Présentation de l’initiative

Le 1er janvier 2021, les fabricants devront communiquer aux vendeurs de leurs produits leur indice de réparabilité ainsi que les paramètres ayant permis de l’établir. Cette obligation s’appuie sur  la volonté du gouvernement de lutter contre l’obsolescence programmée, tout en incitant les Français à consommer de manière plus responsable.

Le groupe Fnac Darty a décidé de prendre les devants sur le calendrier gouvernemental, avec la mise en place dès juillet 2018, de son propre indice de réparabilité. Sa vocation ? Permettre aux clients de connaître la faculté d’un produit à être réparé. Cette initiative a été envisagée avant même la publication de la « Feuille de Route pour une Economie plus Circulaire » (FREC) du gouvernement.

Entièrement traité en interne, ce projet trouve son origine, entre-autre, dans les attentes exprimées par les clients de la Fnac et de Darty en faveur d’un engagement fort du groupe vers plus de réparabilité et de durabilité des produits. Les clients du groupe ont en outre manifesté l’envie d’obtenir davantage d’informations concernant les aspects éco-responsables de leurs achats. 

Dès lors, Fnac Darty a invité autour de la table diverses parties prenantes telles que L’association HOP (Halte à l’obsolescence programmée) ou la Fédération « Les amis de la Terre » ainsi que l’ADEME, le tout, piloté par le LaboFnac pour l’aspect technique. Une fois le cahier des charges rédigé, il a été au fil de l’eau confronté à la réalité du marché et des produits, grâce aux expérimentations « in situ » réalisées par le LaboFnac.

Ainsi, l’indice de réparabilité prend la forme d’une note et doit être :

  • Simple (une note sur 10) 
  • Basée uniquement sur 4 critères factuels (pas d’opinions, ni d’avis) :  la disponibilité de la documentation technique, la facilité de démontage du produit, la disponibilité et le prix de pièces détachées, la facilité pour le consommateur de reconfigurer seul voir à faire fonctionner son produit avec des logiciels libres.
  • Reproductible (chacun doit pouvoir reproduire le protocole d’évaluation et aboutir à la même note) 
  • Pouvoir se rajouter au radar du laboratoire Fnac (cf image ci-dessous) Le radar du Laboratoire Fnac permet de situer visuellement la qualité d’un appareil sur l’étude de 5 critères : la performance, l’écran, l’autonomie, l’audio et désormais, la réparabilité.

Bilan de l’implémentation

Plus de 170 appareils font l’objet d’un indice de réparabilité publié sur les sites Fnac.com et Darty.com. La toute première catégorie d’appareils évaluée a été celle des ordinateurs portables à laquelle s’est ajouté depuis celle des smartphones.

L’indice développé par Fnac Darty a servi de base aux travaux du Commissariat général au développement durable dont la fonction est d’éclairer et d’alimenter, par la production de données et de connaissances, l’action du Ministère de la transition écologique et solidaire.

Par ailleurs, l’indice va servir de pilote dans un vrai contexte d’achats au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Il permettra de déterminer quelle pourra être la forme du futur indice officiel afin d’offrir aux consommateurs une perception simple et juste de la réparabilité d’un produit.

Perspectives de développement en France et international

Fnac Darty va continuer à étendre cet indice sur d’autres catégories de produits en attendant un indice français puis européen obligatoire.

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